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La culture de l’export ou l’export de la culture en France (2)

English versionPolska wersjaLe commerce international, les implantations de filiales à l’étranger, les joint-ventures, les M&A (fusions et acquisitions) … sont traditionnellement vues comme des opportunités réservées aux grandes entreprises. Tous ces termes anglo-saxons ont tendance à faire peur aux dirigeants de PME, modestes, humbles, qui peuvent voir l’international comme une manne inaccessible.

Et pourtant, le baromètre réalisé par UPS et la CGPME[1], fait ressortir l’intérêt et la motivation des PME françaises pour développer leurs activités à l’international.  En dépit de la crise, les sociétés françaises souhaitent à 90% augmenter leur chiffre d’affaires à l’export dans les prochaines années, principalement en Europe.

Les atouts liés au développement d’une activité export sont, par ordre décroissant : l’augmentation du chiffre d’affaires (43 %), la valorisation de l’image de l’entreprise et faire connaître son savoir-faire à l’étranger (19 %), développer un marché de niche (17%), développer la présence internationale (15%), développer de nouveaux marchés et trouver de nouvelles demandes (11%).

D’autres avantages liés au développement de l’activité export sont cités : en exportant dans plusieurs pays, le risque est moindre et cela permet de ne pas subir les crises ; la possibilité d’amortir les coûts de recherche et développement, d’accompagner une clientèle de plus en plus mondialisée, de capter des marchés importants sur des pays en forte croissance, d’utiliser des produits qui sont en fin de vie sur le marché français et de leur donner une seconde jeunesse à l’étranger.

Quels sont alors ces freins que nous mentionnions dans la première partie de notre article, alors qu’il semble bien exister une culture de l’export en France, ou tout au moins une volonté de développer, de démocratiser l’export ?

Les entrepreneurs interrogés apportent les réponses suivantes sur les difficultés à exporter : les douanes et frais douaniers (23%), le manque d’information sur le marché (17%), la barrière de la langue (16%), la réglementation (14%), les  coûts logistiques et frais de transport (12%).

Plus précisément, sont soulignés comme éléments dissuasifs les démarches administratives, documents obligatoires, certaines douanes aux exigences différentes selon les pays. Le règlement des factures par les clients, est facteur d’incertitude et de risque. La méconnaissance des langues étrangères par les français et de l’environnement international est aussi perçue comme un frein important. L’Euro est surévaluée par rapport aux autres devises. Le manque de temps puisque l’exportation demande un investissement à long terme. Sur certains pays, c’est le pouvoir d’achat qui est dissuasif. Enfin, la connaissance du marché et de la concurrence est difficile sur certains pays.

Ces freins, bien réels et soulignés par une majorité d’entrepreneurs et pas seulement par les PME, peuvent-ils être levés grâce aux atouts de la France, aux institutions françaises, au rôle-modèle joué par de nombreux entrepreneurs français dont l’audace permet de penser que la France a les éléments nécessaires, notamment en matière d’innovation, pour relancer son export ?

Nous ajouterons que les sociétés de services françaises, que ce soit sur l’accompagnement global à l’international, ou sur le conseil juridique, règlementaire, douanier, logistique, fiscal, ont un rôle à jouer pour accompagner ces entrepreneurs de façon optimale et leur donner confiance dans leurs capacités.

A ce sujet, les entrepreneurs français sont bien mieux outillés qu’ils ne le pensent. La complexité législative et réglementaire de la France leur donne à penser qu’il en est de même à l’étranger et de ce fait, ils voient un frein à l’export. S’il est vrai que les coutumes, lois, règlements, systèmes judiciaires sont différents à l’étranger, hormis la base commune européenne, pour autant cette complexité française a le mérite d’apporter une grande sécurité juridique aux transactions commerciales, notamment avec l’étranger, mais aussi, tout simplement, de former « juridiquement » nos esprits qui sont ainsi plus soucieux et prompts à s’adapter aux réglementations étrangères.

En conclusion, soulignons que nombre d’articles, commentaires,  livres, études au sujet de l’export … citent le modèle allemand comme un exemple à suivre quant à l’efficacité. Il est permis de penser que la France a effectivement un partenaire, un voisin, de choix, duquel il y a sûrement lieu de s’inspirer pour ce qui est du dynamisme à l’export. Cette référence ne doit pas pour autant nous empêcher d’identifier, de nous appuyer, de développer les atouts et spécificités propres à la France.

Cécile Dekeuwer

( c.dekeuwer@thelegalbloginfrance.com )

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