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La culture de l’export ou l’export de la culture en France (1)

English versionPolska wersjaVersión en españolLa France est connue pour être fière de sa culture ce qui s’illustre bien par l’adoption de l’exception culturelle. Ce principe de droit international nous permet de poser des limites au libre échange en matière culturelle dans les traités internationaux.

L’intérêt national pour notre culture ne se dément pas, avec le succès récent dans l’hexagone du film « Intouchables ». Ses réalisateurs peuvent s’enorgueillir d’un succès au box office avec plus de 19 millions d’entrées en France.

Parallèlement, le film « The Artist » a certes connu un succès moindre en France mais a reçu un couronnement international avec le prix d’interprétation à Cannes et les Oscars, qui ont relancé des titres tels que « la France qui gagne » de la coupe du monde 98.

Quelles sont les raisons de ce succès d’un film presque 100% français tel que « The artist » ? Le titre en anglais, les acteurs américains et anglais, le lieu de tournage à Hollywood …. de ce film pourtant français suffisent-il à illustrer ce subtil équilibre entre la bonne dose d’international et de French touch que tout produit ou service à l’export doit avoir ?

« The artist » est le succès d’une entreprise française qui a su vendre sa culture, qui rayonne toujours d’une aura particulière hors de nos frontières, à l’étranger. Les entreprises, à l’image de la jeune et dynamique société « Le slip français »[1] sauront-elles se saisir de cette opportunité de reconnaissance de l’image de la France à l’étranger pour vendre et exporter?

Il existe un pays avec lequel il peut être intéressant de faire le parallèle sur cet export de la culture : la Corée du sud, autre pays adepte de l’exception culturelle. Pays fier de son industrie cinématographique, avec là aussi des films et des acteurs plusieurs fois récompensés sur la scène internationale. Surtout, le succès des séries TV coréennes dans toute la zone Asie illustre ce dynamisme, ce savoir-faire, cette volonté d’exporter sa culture.

Pour autant si l’on peut parler d’export de la culture française, il est plus difficile de parler de culture de l’export en France. Les chiffres du commerce extérieur publiés par les douanes en février dernier sont explicites sur le niveau trop faible de nos exportations par rapport à l’augmentation de nos importations. S’il y a un ralentissement généralisé des exportations notamment vers la zone euro du fait d’un marché atone et vers l’Asie dû à la baisse de livraison de matériel aéronautique, au tsunami au Japon, les exportations vers certaines zones restent assez dynamiques. C’est le cas de l’Allemagne où la demande intérieure est forte notamment en produits agroalimentaires, vers l’Europe hors UE (Suisse avec les objets d’art et la joaillerie, Russie) et surtout un fort dynamisme des exportations vers l’Afrique notamment vers l’Algérie.

Le livre de Jean Rauscher[2] pose aussi cette question de la culture de l’export en France. Pourquoi ce pays si aimé et reconnu à l’étranger pour sa culture ne parvient-il pas à transformer cet énorme atout en succès économique ? Quels sont les freins que nous nous imposons ? La crise est-elle une raison valable pour expliquer le ralentissement de nos exportations ou n’est-elle pas plutôt une opportunité pour reprendre une place de choix dans le commerce international ?

Quelques éléments de réponse seront proposés dans le prochain billet…

Cécile Dekeuwer (c.dekeuwer@thelegalbloginfrance.com )



[2] « PME : réussir à l’international »

3 Responses

  1. Une réponse parmi d’autres…la culture des langues étrangères avec sa pensée unique de l’anglais et les freins sociétaux de la société française.
    voir sur le site http://www.langues-export.fr les articles sur le sujet!
    Avocats, juristes, experts comptables en France…combien parlent correctement une langue étrangère et combien parlent d’autres langues que l’anglais dans un monde multilingue pour accompagner l’entrepreneur exportateur? Quels services capable de parler les langues étrangères accompagnent l’homme d’affaires une fois descendu de la passerelle de l’avion. Un banquier comme en Allemagne qui se déplace? Un jeune débutant V.I.E pour négocier en Russie? Il est vrai qu’un exemple de la “culture française” est d’envoyer les jeunes enseignants les moins expérimentés dans les quartiers difficiles…

  2. Une PME française est le reflet amplifié de son dirigeant (et bien souvent fondateur). C’est là sa plus grande force et sa principale faiblesse. Ces femmes et ces hommes, grands professionnels dans leur domaine, ont bien souvent (ils sont les premiers à le reconnaître) des carences indéniables pour réaliser seuls l’internationalisation de leur activité. Bâtisseurs d’entreprises, ils perdent cette certitude et cette fois en leur entreprises ou en leurs produits au moment de franchir les frontières.

    A cela s’ajoute un manque de temps, alors même que la démarche export est une des plus consommatrice de temps et d’investissement personnel pour le dirigeant.

    De plus ce n’est pas une stratégie délibérée de développement, contrairement à leurs consœurs allemandes ou britanniques, mais bien une opportunité se présentant à un moment T qui pousse les PME de France à se développer à l’international.

    Cette absence de stratégie à l’international se traduit en un chiffre. Sur 100 entreprises se positionnant à l’export en 2000, seules 30 y restèrent en 1 an, elles n’étaient plus que 21 au bout de la deuxième année. (Source: chiffres du Commerce extérieur publiés en août 2010).

    L’internationalisation de l’activité requière donc un certain nombre de préalables et de compétence linguistiques, juridiques et légales, financières, administratives et fiscales) absentes dans les PME. Une des rares actions publiques utiles dans ce cas étant la possibilité de recourir à des VIE, utiles mais parfois jeunes et dont c’est là le premier poste.

    Ces actions préalables devront être suivies dans le temps par l’entreprise. En effet, à quoi bon mettre en œuvre une stratégie, recruter une ou des compétences (VIE ou autres), mettre en œuvre une politique de protection des assets de l’entreprise, si c’est pour tout stopper une fois la société implantée à l’étranger. Il donc utile de re-préciser, que la pérennité du développement international des PME-PMI se base sur la pérennité des moyens alloués à ce développement.

  3. BELLANGER

    Bonjour,
    C’est la raison pour laquelle, afin de contribuer à surmonter les principaux freins à l’export que sont :
     la peur du risque et de l’inconnu ;
     la méconnaissance des mécanismes et de la démarche d’exportation ;
     l’absence de taille critique (petites ou très petites entreprises),
    nous avons lancé au cours du premier trimestre 2011 une alliance internationale d’experts-comptables français ou francophones (voire tout simplement francophiles) : http://www.oui-global.com
    Cordialement.
    SB

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